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Organisation de la permanence des soins dans le nord Dordogne


Ce matin, lors de la séance des questions orales sans débat à l’Assemblée Nationale, Colette Langlade a interpellé Madame Roselyne Bachelot sur l’accès aux soins en milieu rural. Dans la continuité de l’action qu’elle mène localement, Colette Langlade a souhaité l’alerter sur les risques qu’allait entraîner la mesure de réduction du nombre de secteurs de garde en Dordogne.

« Madame la Ministre de la Santé et des Sports, je souhaite, une nouvelle fois, parce que le sujet est inquiétant et qu’il appelle une prise de conscience forte des pouvoirs publics, attirer votre attention sur l’organisation de la permanence des soins en milieu rural. Votre circulaire du 8 février 2008 prévoit de diminuer le nombre de secteurs de garde de 2 500 à 2 000 en France, et de 46 à 18 en Dordogne, soit une diminution de 60%. Il est vrai que les syndicats de médecins ont approuvé l’avenant 27 à la convention médicale sur la permanence des soins.

Mais aujourd’hui, sur le terrain, un nombre important de médecins généralistes, et surtout les habitants du département de la Dordogne se battent pour défendre un accès à des soins de qualité égal pour tous. Ils ont bien conscience que la mise en application de cette mesure de réduction du nombre de secteurs de garde pénalise fortement les patients et creuse les inégalités.

Dans le nord Dordogne, les habitants souffrent déjà d’inégalités puisqu’ils sont à plus de 20 minutes d’un service d’urgence. Ce sont les médecins de garde qui arrivent les premiers sur place et assurent le relais en attendant les urgences (quand elles peuvent intervenir !).

Vous demandez désormais à ces médecins de garde de ne plus se déplacer chez les patients et de les recevoir dans le cabinet de garde. En nuit profonde, au-delà de minuit, pouvons-nous imaginer sérieusement que des personnes seules, des personnes âgées difficilement mobiles, et elles sont nombreuses en Dordogne puisque notre département vieillit, vivant dans des villages isolés pourront faire le trajet. Il y a Madame la Ministre, des réalités humaines, des réalités territoriales qui ne sont pas compatibles avec des projections purement comptables et abstraites.

Certes, en cas d’extrême urgence, les médecins pourront exceptionnellement se rendre à domicile, après régulation du SAMU. Mais là encore, un autre obstacle s’opposera à une prompte intervention : avec l’agrandissement des secteurs, ils pourront avoir à parcourir jusqu’à 50 kilomètres avant d’arriver au domicile du patient, distance bien trop importante sur des routes sinueuses peu rapides. Je puis vous assurer que si un médecin de garde se trouvait confronté à 2 urgences aux 2 extrémités du secteur, il serait dans l’impossibilité physique de répondre à ce type de situation.

Madame la Ministre, je me demande quels sont les bénéficiaires de cette mesure : certainement pas les patients qui seront les premiers touchés par des délais d’intervention plus longs et qui courront des risques plus importants, mais pas les médecins non plus. En effet, leurs gardes seront plus difficiles et plus pénibles. Les rémunérations supplémentaires qui leur ont été promises ne sont plus évoquées aujourd’hui.